Bidule et freebulle vont au café

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas les lieux, vous aurez la bonne surprise d’y trouver chaleur et amusements. Les petits pourront découvrir de nombreux univers (musique, dessin, livre, jeux de société, jouets, etc…)

Et pour les connaisseurs ou les néophytes conquis le midi c’est Resto Bidule asiatique !

C’est le samedi 16 février au Bar Bidule
Au plaisir de vous y retrouver !

Bar Bidule au 64 rue d’entraigues à Tours.

#Kidfriendly#economiecirculaire #gardedenfant #baby-sitting

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Publié le5 février 2019

Les colères du tout petit, accompagner avec bienveillance

Les informations apprises ce soir là sont trop précieuses pour que je les garde pour moi toute seule. Comme vous le savez, je me suis rendue à la conférence tenue par Eric Binet, Docteur en Sciences de l’education mais pas que, avec pour thème « les colères du tout petit, comment accompagner avec bienveillance ».

Chers parents lecteurs, j’ai rencontré avec bonheur un grand Homme qui met à mal tous ces stéréotypes sociétaux du paternalisme autoritaire et du maternage instinctif. Et j’aime bien cette idée.

L’entrée dans la parentalité, en tant que père ou mère, est un long chemin semé de merveilleuses surprises, de joies quotidiennes, de petits bonheurs qui construisent un amour inconditionnel. Mais soyons honnêtes, il est aussi un chemin marqué de moments de solitude, de questionnements, de remises en question !

En matière d’éducation nous avons tous reçu des conseils reflets de modes actuelles ou passées, sur ce que nous devrions faire ou ne pas faire avec nos enfants. 

Quoi de plus culpabilisant que de s’entendre dire notre enfant pleure trop, qu’il doit certainement manquer de quelque chose que ce n’est pas normal ; Que vous ne le laissez pas assez pleurer, qu’il va sûrement devenir dépendant de vos bras et qu’il ne saura pas se calmer seul, etc.

Pour préambule à la connaissance des colères du tout petit, l’enfant de 0 à 3 ans, Eric B. est revenu sur son intervention de l’an passé traitant des pleurs. L’objectif commun étant de faire de nos enfants des êtres heureux, des êtres aimés et aimants passant par la connaissance de soi et développant le sentiment de confiance en soi. 

Il distingue trois causes de pleurs chez le tout petit : 

  • relatives aux causes définies (besoin de manger, d’être propre, de dormir, etc)
  • relatives à l’homéostasie (réaction stress/détente)
  • relatives au besoin d’attachement sécure (j’ai besoin d’être rassuré sur le fait que quelqu’un va venir prendre soin de moi)

L’Homme, comme l’enfant, est doté de trois cerveaux : le néocortex (le plus évolué donnant entre autre l’accès au langage), le cerveau mammalien (dont tous les mammifères sont dotés et centre de gestion des émotions) et le cerveau reptilien (gestion des réflexes de survie). Chez le tout petit, les zones activées en cas de pleurs sont les cerveaux mammaliens et reptiliens. Ce sont donc des réactions réflexes en réponse à un besoin vital non assouvi, à une accumulation de stress ou à un besoin d’être rassuré. 

Incroyable ! Les larmes sont chargées de toxines, et  contrairement à l’adulte, le tout petit n’est pas en capacité physique de les évacuer en faisant du sport par exemple,  les pleurs sont de fait essentiels à leur évacuation. La composition des larmes est d’ailleurs différentes en fonction de la nature et de l’intensité du stress subit ! Vous le saviez ?

Parlant de stress, il est essentiel de préciser que le cerveau du tout petit est immature et qu’il faut comprendre que les sources de stress peuvent vous être extérieures chers parents (bruit ; lumière, accouchement,  découverte sensorielle de son propre corps, etc.) De jour en jour, le tout petit navigue en eaux troubles, découvre un monde en répondant à chaque instant à une interrogation qui va laisser place à un nouveau questionnement…

Que se passerait-il si vous ne pouviez jamais exprimer votre désarroi ? Si vous ne pouviez jamais mettre des mots sur votre souffrance ? Si vous ne pouviez jamais poser la question qui vous turlupine ? Rien de bon assurément !

C’est pourquoi Eric B. est formel, vouloir stopper les pleurs n’a pas de sens ! L’enfant a besoin de réponse. Et le tout petit, qui n’est pas en mesure de poser la question, aussi. Il y a les réponses matérielles, répondant aux besoins primaires (manger, boire, dormir, etc.), certainement les plus simples. Concernant les besoins relatifs à l’homéostasie et au besoin d’attachement sécure  la proposition du Dr Binet n’est pas plus compliquée, la bienveillance se matérialise par le portage, l’emploi d’un langage tendre et le maintien du contact visuel. Tous ces actes, aussi simples soient-ils favorisent la production d’hormones telles que l’ocytocine ou les opioïdes, ces hormones de l’amour et du bonheur. 

Il conseille l’usage de la tétine dans le respect de sa fonction première à savoir assouvir un besoin de succion, il encourage vivement les parents ou les adultes en charge du soin de l’enfant à apprendre à distinguer les pleurs dans le but de pouvoir apporter une réponse adaptée. Le portage de l’enfant s’accompagne de mots tendres laissant de côté le traditionnel « Chuuuut, aller aller, … » 

[Dont, je vous rassure, j’ai largement fait usage ces quinze derniers mois pensant bien faire.]

Partant du fait que le tout petit dispose d’une « jauge à stress », les pleurs interviennent pour faire baisser le niveau de cette jauge. Ils ont un rôle de régulation.  Il encourage à laisser l’enfant vider cette jauge tout en le rassurant, lui verbalisant ce qui se passe, l’aidant ainsi à construire la carte mentale de ses émotions. Contenir les pleurs ne peut alors que retarder la prochaine crise de pleurs. Ne rien faire ou le laisser pleurer seul dans sa chambre, sera une source supplémentaire de stress, bien que l’enfant puisse s’arrêter de pleurer d’épuisement, la prochaine source de stress pourra générer une crise de pleurs plus importante encore. La jauge étant plus élevée.

A retenir, bien pleurer permet au tout petit de :

  • vider son réservoir de stress ;
  • le libérer des tensions, douleurs accumulées ; 
  • favoriser la qualité du lien d’attachement sécure (envers ses parents d’abord, puis envers les autres).

Du fait de son immaturité cérébrale, le tout petit petit n’est pas capable de pleurs de manipulation avant de fabriquer du glucamate, soit apres un an. Cette manipulation s’acquiert avec le temps, en observant les adultes en faire usage. « Si tu arrêtes de pleurer, alors…. » Les enfants apprennent le monde en l’observant, c’est donc en comprenant qu’ils ont un pouvoir en pleurant qu’ils vont en faire usage, quand leur cerveau sera capable de programmer une telle action…

Et les colères me direz-vous. Et bien je fus d’accord dès le départ avec son entrée en matière. Elles sont socialement très mal perçues. Le « on » dira d’un homme en colère qu’il a de la poigne et d’une femme qu’elle est hystérique ! Et ce n’est pas moi qui l’aie dit. 

Il en distingue deux types : les colères émotionnelles VS les colères de manipulation. Trois en réalité, en y ajoutant les colères pathologiques. Mais ceci est un autre sujet. L’information clef de la conférence, comment les distinguer ?

« C’est simple ! » nous a t-il dit ! 

Les colères émotionnelles sont vécues tel un déchirement par l’enfant. Elle se lit sur une face tendue, la musculature du haut du corps est crispée, la tension et le rythme cardiaque s’accélèrent mais surtout votre enfant n’est plus en mesure de vous écouter ni de parler, il est dans sa bulle. Son néocortex est neutralisé et sa colère se dirige contre lui-même et contre les autres. La colère se mesure du simple dépit à la fureur. 

La colère affecte tout le corps et les pensées et s’auto-entretien, c’est pourquoi il est important de la prendre en compte pour ne pas la laisser s’amplifier. 

A contrario, la colère de manipulation laisse l’enfant libre de ses facultés intellectuelles, il vous entend, est capable de vous parler, et de juger vos réactions pour mesurer s’il est en train d’obtenir ou de s’éloigner de ce qu’il souhaite obtenir ! La réponse de l’adulte est sans appel. Dans ces conditions, inutile de rentrer dans des négociations avec l’enfant ou de faire le psychologue, un rappel des règles s’impose. Et c’est un psychologue qui le dit. 

Voilà, vu comme cela, c’est vrai que ça à l’air assez simple. Mais on se sait toujours pas comment faire maintenant que l’on sait les reconnaître. 

Il me semble important de revenir sur les causes de la colère. Eric Binet définit la colère émotionnelle comme une émotion essentielle à la construction de soi et à la survie. Il précise à juste titre que la colère n’est pas synonyme de violence mais intervient bien avant le stade de l’agressivité. Le but ultime étant d’aider les enfants à accepter et gérer cette colère avant qu’elle ne devienne agressive. 

Pour la petite histoire, il précise tout de même que l’Homme est un des seuls animaux à savoir guérir ses blessures et que les autres animaux, se mettent eux-aussi en colère, s’affirment, s’intimident. Mais passent rarement à l’acte, usant d’une force de persuasion sans risquer de se blesser inutilement. (A méditer !)

Bref, la colère est un afflux d’énergie ayant une fonction pacifiante, visant à l’intimidation. Elle sert à s’affirmer et à se faire respecter. C’est une stratégie d’intimidation pour ne pas se laisser marcher dessus. Enfin, elle nous sert à défendre notre territoire, notre corps, nos valeurs, nos proches. La colère saine ne fait pas appel à la violence, elle est une démonstration de force pour dissuader « l’ennemi » héritée de notre cerveau reptilien, proie VS prédateur. 

Partant de ces constats, la colère émotionnelle est en fait le pilier de notre confiance en soi. C’est en exprimant ma colère, sans passer par l’agressivité, que je peux observer que l’autre prend en compte mon mécontentement, mon intégrité physique et morale et ainsi savoir que je suis respecter en tant qu’être humain. 

Il en va de même pour le tout petit. Prendre en compte sa colère c’est lui permettre de mieux se connaître, de lui faire prendre conscience qu’il a des goûts singuliers qu’il peut faire des choix l’aidant à s’affirmer en tant que personne. 

Il ne s’agit pas de laisser l’enfant régner en maître au sein du foyer ou de le laisser se mettre en danger mais bien de comprendre qu’il construit sa personnalité et que cela passe par l’affirmation de soi. 

Le tout petit a bien des raisons de se mettre colère. Eric binet évoque à ce titre des raisons environnementales liées à l’alimentation par exemple. La glycémie en est une. L’état d’hypoglycémie peut entraîner un état de colère. La colère peut à ce titre se faire ressentir à l’heure des repas, ou après avoir absorbé une quantité trop importante de sucre quand la glycémie va chuter. Vous avez d’ailleurs peut être déjà remarqué que les fêtes d’anniversaire se terminent en pleurs ou conflits entre les enfants. La raison est scientifique !

Il évoque également les carences en oméga 3 ou la présence de certains additifs alimentaires comme l’E127 ou les édulcorants. 

Le manque de sommeil en fait également parti, tout comme la frustration particulièrement due au manque de langage chez le tout petit. 

Si nous pouvons avoir une action sur toutes ces raisons, je suis au regret de vous dire que la raison principale nous échappe, celle de immaturité du cerveau. Mais rassurez-vous, vous pouvez tout de même agir et aider votre enfant. 

C’est l’acquisition du langage qui va rendre possible la connaissance et la maîtrise de sa propre colère. En mettant des mots bienveillants sur la colère de votre enfant vous l’aiderez ainsi à lui faire prendre conscience de ce qu’il ressent, et de pourquoi il le ressent. Le but étant de lui permettre ensuite de la maîtriser. 

Alors concrètement que faire ?

  • Analyser les zones du corps qui réagissent (face, bras, buste) et son état de connexion au monde extérieur (pour distinguer la colère émotionnelle de la colère de manipulation)
  • Faire le lien entre l’émotion ressentie et l’état de colère en verbalisant ce qui se passe avant la réaction agressive.
  • Réguler la colère par des actions de portage, de bercement en favorisant le contact visuel. La confiance passe par le regard. 

Afin de soi-même être disposé à aider l’enfant, il est nécessaire d’en faire de même avec soi. Je m’y essaie depuis quelques jours, sans que ce soit une évidence, mon conjoint pourrait vous le confirmer ! Cependant, je trouve que cela m’aide à comprendre ces étapes d’une part, et d’autre part, cela m’aide à faire preuve de plus de patience avec ma fille. 

Je vais même vous avouer qu’avant cette  conférence, lorsque ma fille me faisait les gros yeux, encouragée par une pression sociale demandant à l’enfant d’être lisse, de ne pas faire d’encombre, il m’est arrivée de me questionner. Ma fille va -t-elle me manquer de respect si je la laisse me faire les gros yeux ? Va-t-elle essayer de commander ? 

Suite à cette conférence, je me sens mieux armée et plus indifférente que jamais aux « qu’en dira-t-on » ! Les gros yeux de ma fille sont à replacer dans le contexte. Parfois pour exprimer un mécontentement qui n’a rien a voir avec le respect, parfois pour me tester… Commander, certainement pas, mais la laisser décider pour elle-même en fonction de la situation et de sa maturité ! C’est comme ça qu’on forge son identité, son caractère. Et du caractère dans notre monde il en faut ! Je suis ressortie de cette conférence pleine de fierté envers cette petite personne qui du haut de ses quinze mois est capable d’exprimer ce qu’elle souhaite, ce qu’elle ne souhaite pas et toujours désireuse de découvrir ce qu’elle ne connaît pas. 

Pour finir, lorsque la colère émotionnelle a mené jusqu’à l’agressivité la parole devient difficile. Il existe différentes techniques qui peuvent vous aider ou aider votre enfant à sortir de cet état. 

Trucs et astuces du Dr Binet : pousser les murs, crier dans un coussin, malaxer de la pâte à modeler ou encore croiser les bras et tapoter vos épaules un coup a gauche, un coup à droite autant que nécessaire. 

Voilà, il y avait encore bien plus à dire évidement mais j’espère que cet article vous aura apporté des éléments de réponse. On souhaite à tous les enfants d’être compris au mieux par leurs parents et par tous les autres adultes qui les gardent ! Freebulle !

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Publié le9 octobre 2017